Mais que se passe-t-il en ce mois de novembre 2015 ?
Fleur Le Guen, jeune publicitaire de trente-six ans, n’en croit pas ses yeux. Ce matin, un incroyable coquelicot se dessine lentement sur sa cuisse. Va-t-il continuer son ascension ?
Tel un signe étrange et angoissant… cet événement mènera, bon gré, mal gré, notre jeune héroïne à Paris, en Bretagne, à Quimper et dans le petit village de Locronan. Elle s’enfoncera dans les méandres de l’Histoire, où gisent tant de secrets enfouis parmi les pierres et les rubans; là, où des champs d’honneur aux camps de l’horreur, le rouge vacille.
Ainsi Fleur a entamé son « voyage » grâce à Héloïse, son amie thérapeute, qui l’accompagnera au mieux. Sur ses conseils, Fleur lira, comprendra, découvrira et changera. Épines et ronces seront écartées.
Extraits
EXTRAIT N°1
» Devant mon miroir, j’observe le phénomène qui s’accentue doucement et évolue de manière étonnante. Sous mes yeux incrédules, des formes, évoquant des pétales, se façonnent lentement les unes après les autres. Un trait vert se dessine venant soutenir l’ensemble. Des embryons de feuilles se matérialisent. C’est épouvantable ! J’ai la curieuse sensation qu’un artiste invisible, un Maître ès beaux-arts promène son pinceau sur ma peau y associant nuances, ombres et volumes. Une fleur sublime, ressemblant à un « Coquelicot », ouvre ses frêles corolles écarlates sous mes yeux éberlués, pour ne pas dire, terrifiés. »
EXTRAIT N°2
» Locronan, printemps 1918
La dernière invasion de la fleur écarlate remonte au printemps mille neuf cent quatorze ! La région s’était transformée en un océan rougeoyant. Le mois d’août suivant, la mobilisation appelait les hommes à la guerre. La consternation se lisait dans tous les yeux, les femmes pleuraient et les anciens se signaient. Alors aujourd’hui, ce sinistre anniversaire interpelle. Les plus optimistes parlent de la venue des beaux jours et de la douceur du printemps… mais la plupart y voient plutôt le signe de malheurs à venir, comme à l’époque ! Une volonté divine, l’annonce d’un fléau, encore un ! Ce présage jette une ombre funeste sur les festivités. Tous pensent aux soldats morts au champ d’honneur ou plutôt aux champs d’horreurs ; au mari, au père, au frère, au fils restés là-bas sur les no mans lands des tranchées. À tous ces poilus qui resteront à jamais enfouis au plus profond de cette fange, ce chaos où se mêlent les cadavres des nôtres, des bôches et des chevaux. Ils pensent à tout ce sang versé par leurs frères bretons dans cette guerre carnassière.
Une question s’impose à tous.
Quatre ans que cela dure ! Quand s’arrêtera-t-elle cette fichue guerre ? »
EXTRAIT N°3
» Les yeux d’Héloïse ont changé de couleur, ils se sont auréolés d’un brun profond.
– Écoute-moi bien. Je pense que ce tatouage, qui est invisible à mes yeux, est un message fort de ton inconscient. Moi, je ne le vois pas, mais peut-être est-il visible pour d’autres ? Il faudrait que tu ailles voir ton docteur ou une amie, pour en être certaine. De toute manière, le stigmate est présent et c’est une sonnette d’alarme. Je t’ai souvent proposé d’entamer un travail, mais tu as toujours refusé prétextant que tout allait très bien et que tu n’en avais aucun besoin. Maintenant, ma Fleur, à toi de décider.
Je la regarde, ma joie est retombée, la confrontation est inévitable. Oui, je suis décidée. Même si je suis pétrie de peur, même si mes entrailles se tordent, je dois me jeter à l’eau.
– Tu as évidemment raison, je ne peux plus reculer. Je dois affronter ma vérité. Je vais tout te raconter. Je respire fort, j’ai froid, ma tête tourne un peu.
– Nous allons commencer doucement par ce qui te préoccupe aujourd’hui. Par la suite nous approfondirons, nous analyserons ton passé proche, puis nous remonterons le temps jusqu’à ta plus tendre enfance. Ensuite nous explorerons la vie de tes ancêtres. Souvent nos échecs répétitifs et nos souffrances proviennent de secrets de famille enfouis, de non-dits. »